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Le pastel

 

Le pastel : qu'est-ce que c'est ?

Le pastel est un bâtonnet de couleur ressemblant à un bâton de craie. Le pastel est une technique riche. Agréable, également, puisqu'il s'agit de s'exprimer directement sur le support à l'aide du bâtonnet sans avoir recours à un intermédiaire comme par exemple de l'eau, un pinceau, une palette.

De plus, le bâtonnet de pastel étant composé de pigments seulement agglomérés à du talc et de l'eau gommée, les coloris d'un pastel résistent à l'épreuve du temps.

Le pastel est une technique à part dans le domaine de l'art graphique. Par la pression d'un bâtonnet, composé de poudre de couleur agglomérée, sur une feuille de papier, le pastelliste obtient deux résultats : soit un dessin, s'il frotte le bâtonnet sur le support, soit une peinture, dans la mesure où il en imite l'effet en recouvrant entièrement le support.

Pas d'intermédiaire (eau, brosse, palette...) dans ce corps à corps entre l'artiste et son oeuvre qui ne vienne distraire l'inspiration, mais le risque d'improviser l'alchimie des couleurs directement sur le sujet, et la joie de s'engager dans une aventure, magique, de l'esprit.

 

Un peu d'histoire

Cette technique est mise au point à la Renaissance en France et en Italie (latin "pasta" = pâte) pour rehausser les dessins exécutés à la pierre noire, à la craie ou à la sanguine : cf le portrait d'Isabelle d'Este par Léonard de Vinci (1452-1519) ou les portraits par Jean Cluoet (1485-1541).

Mais sous une forme plus rudimentaire, le pastel a toujours existé. Les peintures realisées à l'aide de terres ocre rouge ou ocre jaune, ornant les parois des grottes préhistoriques ne sont-elles pas déjà du pastel ? A savoir une poudre composée de pigments de couleur à l'état pur.

Or, dans les autres procédés picturaux intervient un medium (l'huile par exemple) qui participe à la transformation des tonalités de l'oeuvre en vieillissant. En revanche, les coloris du pastel, matériau direct, restent intenses au fil du temps.

Est-ce pour les qualités d'originalité du procédé et de fidélité du matériau que du règne de Louis XIV à celui de Louis XVI de nombreux artistes choisissent d'exploiter cette technique ?

Les grands pastellistes français du XVIII° siècle sont Quentin de la Tour et Peronneau qui brillent dans les portraits. Plus tard la technique est renouvelée avec Delacroix, Odilon Redon, Degas,...

Au début du XIXème siècle le règne du pastel est révolu. (Il semble qu'il s'impose à chaque période d'explosion culturelle : Renaissance, Siècle des Lumières). Il perd de sa force pour le portrait, et redevient essentiellement un moyen d'appoint pour les études préparatoires.

Les Impressionnistes, toutefois, gardent la tradition du portrait, traité superbement, mais dans un registre intimiste. Ils utilisent le pastel ponctuellement sur le motif pour des notations rapides de lumière, des effets de mouvement ; les Abstraits s'en servent pour des recherches d'ordre graphique.

En filigrane cependant, il continue à être expérimenté par des esprits curieux. Eugène Delacroix introduit les thèmes du nu et du paysage. Edgar Degas (1834-1917) teste le matériau, le forge, le malaxe, le marie à d'autres techniques.

Les Symbolistes l'utilisent pour ses qualités de flou, générateur d'une lumière diffuse apte à créer le mystère. Ainsi Odilon Redon (1840-1916) dépasse la réalité et suggère un monde intérieur. Au Musée d'Orsay, ses oeuvres installées dans la pénombre d'une alcôve tendue de noir, effleurées d'un pâle éclairage, offrent les vibrations colorées des ailes de papillon et incitent au recueillement.

C'est ce besoin d'intériorité qui vaut peut-être au pastel d'être redécouvert de nos jours. Le XVIIIème siècle, sûr de lui, brillant, a fait du pastel un virtuose de l'esprit. Notre époque de doute aurait tendance à exploiter son côté fugace, trouble, pour explorer en profondeur les méandres de l'inconscient.

Enrichi des nombreuses expériences du passé, il offre des possibilités infinies aux nouveaux pastellistes. Des couleurs les plus violentes (Pastels expressionnistes de Lydie Arickx, acides de François Barbatre) aux tons les plus doux et complexes (Sam Szafran, Pierre Skira) des techniques du dessin à celles de la peinture.

Et il semblerait qu'il soit appelé à une renaissance dans notre ère d'images virtuelles où il perpétue le nécessaire contact de la main de l'homme en prise directe sur la matière.

Aujourd'hui, des artistes, de plus en plus nombreux, exploitent le pastel dans toutes ses possibilités. Des couleurs les plus violentes aux tons les plus doux et complexes, des techniques du dessin à celles de la peinture la plus achevée, toutes les audaces sont permises.

Extrait d'un article publié dans la revue : "Les amis du musée Fabre"

 

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